Je suis assise sur le fauteuil de la voiture avec mes écouteurs dans les oreilles, je suis perdue, mon esprit est ailleurs et j'ai la vague impression que mes os fondent. Pourquoi ? Tout simplement parce que mon corps me brûle de l'intérieur autant que de l'extérieur, j'ai le sentiment d'être un feu ardent brûlant tout sur son passage, je me sens morte comme je crois que je le suis mais c'est impossible puisque j'entends le bruit du moteur et ma musique, j'entends même la radio que le conducteur a allumé. Je ferme les yeux et je découvre, avec stupéfaction, que mes yeux sont mouillés, je les essuie prudemment en enlevant mes lunettes de soleil bien qu'il n'y ait pas de soleil je ne veux pas que l'on me voit pleurer ni que l'on voit mon regard triste et soucieux alors que je n'ai aucune raison d'être malheureuse ou soucieuse.
Deux gouttes roulent le long de mes joues et tombent sur mon portable, j'ouvre mes yeux et découvre deux gouttes sur celui-ci, je regarde par la fenêtre qui est ouverte si il pleut mais non rien que les nuages cachant le soleil mais pas de pluie ; je cherche d'où proviennent ces deux seules gouttes et je me rends compte que c'est moi : j'ai toujours les yeux mouillés et j'ai provoqué ces deux gouttes, je ne comprends pas pourquoi. Je demande au conducteur de s'arrêter et de se garer car j'ai une terrible envie de vomir.
Je cours me cacher quelque part à l'abri de son regard et du regard des autres, je ne veux pas que l'on me voit ainsi ni lui ni personne. Je commence à vomir, cela me fait un mal insupportable comme si on me transperçait le ventre, cette chose répugnante me coule dans la gorge non pas comme quand on boit mais plutôt comme lorsque l'on veut rejeter quelque chose de son corps involontairement, j'ai la nette impression que ça ne s'arrêtera jamais. Quand le cauchemar se termine, je prends la bouteille que j'avais prise avec moi et commence à boire puis recracher, j'essaye désespérément de me rincer la bouche et de m'enlever ce goût infecte mais malheureusement je n'y arrive pas. Je prends place dans la voiture près du conducteur, il me demande si ça va, je lui mens et réponds oui pour ne pas l'inquiéter. Je me dégoûte, je me sens mal de lui mentir mais je ne veux inquiéter personne.
Nous arrivons à destination, il porte mes affaires près de la porte d'entrée, m'embrasse sur le sommet de la tête et me dit de passer une bonne semaine, je l'embrasse sur les deux joues, le remercie et rentre dans la maison. Dehors c'était calme et paisible, ici c'est bruyant j'entends la télé qui marche et rentre dans la pièce pour dire bonjour à mes grands-parents je les embrasse et sort de cette pièce sonore, je monte à l'étage, dépose mes affaires et vais m'allonger sur le canapé.
J'entends des bruits dans l'escalier, mes grands parents montent surement pour préparer le dîner, ma grand mère rentre dans la pièce où je suis installé et me demande si je vais bien, je lui dis que je suis fatiguée et de ne pas s'inquiéter pour moi que ça ira mieux tout à l'heure ; elle sort de la pièce et va rejoindre mon grand père dans la cuisine. Un quart d'heure plus tard, on m'appelle pour le dîner, je me lève du canapé en titubant, j'arrive jusqu'à la porte de la cuisine l'ouvre et rentre, je prends place sur une chaise, commence à boire la soupe que l'on m'a servi ou plutôt essaye de la boire sans vomir.
Après l'avoir bue, je sors de table et leur dit que je ne me sens pas bien, ils me demandent ce qui ne va pas et je leur dis que je me sens nauséeuse, je ne préfère pas leur dire que je me sens aussi comateuse et que j'ai l'étrange impression que je vais mourir bientôt, ils me laissent sortir de table, je marche en titubant vers la porte l'ouvre et sort puis la referme derrière moi, je commence à monter les escaliers, j'ai l'horrible impression que je vais tomber dans les pommes, je tombe à deux reprises dans les escaliers, ce qui troue mon jean, j'arrive jusqu'à ma chambre et m'allonge sur mon lit, je me sens comateuse, j'ai l'horrible impression que je vais mourir.
Je commence à m'endormir paisiblement en ayant toujours cette chaleur insurmontable qui traverse tout mon corps comme un incendie, toujours nauséeuse, toujours comateuse et tombe dans les précipices du sommeil... Peut-être à jamais...
By me.